Francois kiesgen de richter

Romans classiques


Le doute était permis

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Extrait :

 

Chapitre 1

 

La mort égalise toutes les conditions.

 

Claudien

 

Elle arriva à la station de métro de Saint-Ouen par la ligne 13. Je pense que c’était son terminus, mais il faudrait vérifier. Je la suivais comme son ombre depuis ce matin. Et elle m’échappa, telle est la fatalité. Je n’ai rien à rajouter sur mon rapport de police. Je continue à dire « fatalité », simplement car ce n’est pas une bavure.

Elle stationnait, comme à son habitude, en face de la station de métro Épinettes-Pouchet, qui se trouve à l’angle de la rue Jacques Kellner proche de la caserne Bessières (BAC 75N Police de Paris). Nous quittions le trottoir pour la suivre, jusqu’à la station de métro Porte de Clichy.

Nous roulions dans un wagon complet, à chaque ralentissement, son corps me frôlait. Chacun faisait comme il le pouvait pour se retenir, une main sur la barre, une autre sur l’armature d’un siège, les deux pieds écartés pour garder un équilibre dont la bétaillère avait souvent raison. Les visages étaient gris, les regards perdus dans des pensées insondables. Nous attendions la libération d’un moment subi à contrecœur, mais nécessaire pour aller au boulot, ou à une autre occupation suffisamment importante justifiant de voyager dans un transport en commun bondé et qui puait. Les fenêtres restaient ouvertes et se mêlaient aux mauvaises odeurs du tunnel les parfums des unes, la sueur, les relents des petits-déjeuners et d’autres effluves indéfinissables. J’étais censé protéger cette femme, mais j’étais resté là sans avoir rien vu.

Je suis commissaire de police à la brigade criminelle, nous venions de passer des heures à attendre assis dans une voiture avec Martin Berry, le capitaine qui m’accompagnait. Martin Berry, c’est une silhouette massive et musclée, un visage carré avec une mâchoire de bouledogue, et des yeux qui soutiendront toujours votre regard. Sa voix avait une intonation dans les graves, il ressemblait à Stallone dans le rôle de John Rambo.

Aussitôt qu’elle montait avec un client, cela se passait toujours ainsi, nous attendions quelques minutes et nous leur filions le train ; alors nous observions aux jumelles infrarouges. Nous revenions quand ils avaient fini. Elle reprenait la même place dans la même posture aguicheuse.

« Laissez passer ! »

On s’écarta. La commandante Françoise Legrand en jeans bleu délavé, baskets blanches, casquette noire enfoncée sur sa tête, pull marin sur lequel elle avait enfilé son brassard rouge, s’infiltra. Un type essoufflé comme après un marathon suivait derrière elle. C’était un petit bonhomme avec une mallette en cuir. Le juge Denis Ronda était surnommé : « monsieur surtout pas de faute de procédure ». Il demanda ce qu’il en était. Comme si ce n’était pas évident. Aurait-il été sonné si ce n’était pas un mauvais feuilleton, dont on venait de lui confier l’instruction ?

 

 

 


24/05/2022
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Coeur à coeur

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Notre idylle est d'abord un chemin à l'écart, notre rencontre est une inconnue toujours reportée.

 

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04/04/2022
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Une amitié singulière

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Elle n’était plus dans sa chambre et ce n’était plus par la fenêtre qu’elle observait le monde extérieur. Elle était à présent dans un face-à-face avec la vie et c’était le destin de tout un peuple qu’elle allait bientôt devoir affronter. Que ferait-elle de son oncle qui, chaque jour, devenait de plus en plus fou ? Comment dire à Delphine qu’une relation amoureuse entre elles était impossible ? Comment briser le serment d’amitié qui la liait à Marc sans déclencher la colère des dieux ?

 

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17/02/2022
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Mémoire d'âmes


Capture d’écran 2022-02-17 à 16

 

Pour dépasser les angoisses de son enfance, il a appris à puiser dans la force de ses rêves. Nuit après nuit, il a côtoyé des êtres attachants, uniques, aimants, sans avoir totalement conscience qu'ils étaient la mémoire de son sang, la mémoire des âmes, ses aïeux. Non, ce n'étaient pas des fantômes, pas simplement des personnages issus de son imagination. Ils l'ont aidé à oublier les coups, les frustrations et les blâmes incessants. Par des voies secrètes et souterraines, sa quête va l'initier au-delà du temps, à la compréhension de la mémoire des âmes. Il est l'élu, il devra à son tour perpétuer le secret, veiller parfois à laisser passer plusieurs générations, mais toujours être attentif à l'appel des âmes pour éviter aux siens un ensevelissement définitif, aveugle et sourd, à l'autre bout des temps. Dans les rêves, dans l'imaginaire, le temps qui passe n'obéit pas aux règles habituelles. Il s'écoule vite ou lentement, ralentit ou accélère. Il s'arrête parfois, ou va si vite que des pans de mémoire s'endorment dans l'oubli. Dans les rêves, le temps qui passe se moque du temps du verbe. Il appartient autant au passé, au présent et au futur.

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17/02/2022
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